Entrée dans son costume de directrice de Bruxelles Formation à l’été 2013, Olivia P’tito (PS) poursuit le rapprochement de son institution avec Actiris afin d’augmenter le taux de remise à l’emploi et surtout de faciliter la vie des chômeurs. En même temps, elle met l’accent sur la Garantie jeunes et attend avec impatience l’appel à projets et l’argent du Fonds social européen pour passer la vitesse supérieure afin de multiplier les possibilités de formations et de stages en entreprise pour les moins de 25 ans.

Comment avez-vous géré la mise en place de la Garantie jeunes en 2014 ?

Nous avons d’abord renforcé la collaboration avec nos partenaires et notamment avec Actiris. Le but est réellement de faciliter la vie des Bruxellois. Nous travaillons sur le dossier unique pour le demandeur d’emploi chez Actiris et Bruxelles Formation. Les conseillers des deux institutions connaissent les compétences du chercheur d’emploi et ce qu’il a déjà entrepris comme démarches. Nous allons également organiser, dès avril, des séances d’informations pour les moins de 25 ans peu diplômés sur les possibilités de formation et de stages en entreprise. Nous voyons déjà les premiers effets de la mise en place de la Garantie jeunes. En janvier 2014, nous avions 660 places de formation contre 865 en janvier 2015. Idem pour les stages en entreprise où nous sommes passés de 378 places en janvier 2014 à 511 en janvier de cette année.

Comment comptez-vous augmenter le nombre de places ?

Nous attendons l’appel à projets du Fonds social européen qui devrait être publié d’ici peu. Grâce aux moyens financiers supplémentaires, nous pourrons augmenter le nombre de places. Après, c’est le rôle d’Actiris de démarcher les entreprises pour qu’elles prennent de nouveaux stagiaires. C’est une opération win win pour les jeunes et pour les sociétés.

Le Fonds social européen est en retard par rapport à sa programmation 2014-2021. Cela bloque plusieurs projets de formation comme celles de fontainiers de la Mission locale de Saint-Josse.

C’est toujours ainsi. Les opérateurs qui montent des formations innovantes doivent prendre en compte ce calendrier. S’ils veulent avancer, ils le font en connaissance de cause. Nous ne pouvons pas aller plus vite.

Y a-t-il un moyen de lutter contre ces retards ?

Certainement mais Bruxelles Formation n’en a pas les moyens. En 2014, nous n’avons pas utilisé tous les budgets. Tout n’était pas opérationnel durant cette année. Nous n’avons pas pu lancer toutes les collaborations car cela nous imposerait de payer entièrement la formation. La Cocof nous a déjà octroyé des moyens complémentaires mais nous avons besoin de l’Europe. Cependant, nous maintenons notre objectif de 20.000 places de formation à l’horizon 2020.

Comment travaillez-vous en attendant le feu vert européen ?

Nous mettons en place de la mise à niveau en français ou en maths. Nous faisons des tests, des bilans de compétences. Sur les 600 jeunes qui sont venus nous voir, certains ont besoin d’orientation et plus de 75 % doivent suivre une remise à niveau. Nous pouvons l’organiser en attendant que la formation soit ouverte. Ainsi, on ne perd pas de temps. Nous allons aussi lancer un appel à projets pour les essais métiers. Pendant une semaine, ils pourront tester des métiers et voir si cela leur plaît dans les centres de formation. Ils pourront alors valider leur choix.

Quel est le taux de remise à l’emploi ?

Nous avons enregistré une légère diminution du taux de remise à l’emploi. Pour les personnes ayant suivi leur formation en 2013, il est de 67,8 % alors qu’il était de 70,1 % l’année d’avant. Nous dépendons évidemment de la conjoncture. Pour cela, nous n’y pouvons rien.

Le domaine de la construction attire toujours les jeunes mais le secteur embauche moins. © Michel Tonneau