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Belgique

Le job étudiant compté en heures, solution ou problème?

On 18, Nov 2014 | In Belgique, Emploi, Revue de presse |

Le Soir

N. So (st.) Publié le

Belgique Le gouvernement fédéral souhaite changer le temps légal de travail des étudiants.

Actuellement, les étudiants ont le droit de travailler un maximum de 50 jours par an, peu importe le nombre d’heures prestées par jour. Ils bénéficient alors d’un système de cotisations sociales réduites par rapport aux travailleurs ordinaires. S’ils dépassent ce quota, les étudiants-jobistes perdent ce privilège. Le problème est que certains étudiants épuisent rapidement leurs 50 jours de travail autorisés.

L’accord de gouvernement fédéral propose de changer ce système en calculant le travail en heures et non plus en jours comme c’est le cas actuellement. Cela permettrait de donner plus de flexibilité aux étudiants, mais aussi aux employeurs.

La Fédération des étudiants francophones (Fef) n’y voit pas là un avantage. « Un job d’étudiant sert à aider les personnes dont les ressources financières sont insuffisantes à financer leurs études supérieures, explique la présidente de la Fef, Corinne Martin. Le système actuel est donc tout à fait adapté aux besoins ».

Cette réforme pourrait également causer des dérives. « La relation entre un jobiste et son employeur n’est jamais optimale. Il n’est donc pas rare de voir un étudiant se sentir obligé de travailler pendant ses examens par exemple. Plus les étudiants auront légalement le droit de travailler, plus ils seront contraints d’accepter de travailler. »

La présidente de la Fef marque une troisième inquiétude. « Diminuer les règles en matière de travail étudiant favorise la concurrence entre les travailleurs étudiants et les travailleurs sous contrat de travail ordinaire car un étudiant coûte moins cher à l’embauche. »

Le système particulier de l’horeca

Le système de travail étudiant dans l’horeca est différent des autres secteurs de travail. Un étudiant qui travaille dans cette filière bénéficie bien sûr du système « classique », mais une fois ses 50 jours épuisés, il peut travailler en tant qu’ »occasionnel » dans l’horeca pendant 50 jours supplémentaires. L’étudiant paie alors des cotisations sociales normales, mais sur un montant forfaitaire moins élevé. Pour le président de la Fédération horeca de Bruxelles, Yvan roque, l’horeca fait principalement appel aux étudiants pour remplacer les travailleurs en congé. « Le système actuel n’est donc pas idéal car nous avons souvent besoin d’un étudiant pour quelques heures seulement, explique Yvan Roque. Calculer le travail étudiant en heures est donc bien plus adapté à nos besoins ».

Le travail étudiant concerne plus de 450 000 étudiants en Belgique, un nombre croissant depuis 2010. Le gouvernement n’a toutefois pas encore déterminé quand ni comment cette réforme sera d’application, ni même si elle le sera un jour. Mais une chose est sûre : la question du travail étudiant sera examinée durant cette législature.