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Belgique

La crise a touché les jeunes Belges: la Wallonie et Bruxelles ont plus d’enfants sous le seuil de pauvreté que la Lituanie

On 12, Nov 2014 | In Belgique, Emploi, Formation, Revue de presse |

Sudinfo.be 28 Octobre 2014

Les jeunes entre 15 et 24 ans ont été les plus durement touchés par la crise économique qui a frappé la Belgique en 2008. Près de 13 % d’entre eux sont aujourd’hui sans travail, ni formation, révèle le dernier bilan Innocenti du Fonds des Nations unies pour l’Enfance (Unicef) présenté mardi à Bruxelles.

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Photo News/Francis Demange

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La proportion de « NEET » en Belgique, jeunes qui ont quitté l’école, ne suivent pas de formation et sont sans emploi, a augmenté de près de 3 % au cours des quatre années qu’a duré la crise économique.

« En entrant sur le marché du travail en pleine récession, ils ont été les premiers à en pâtir », indique Chris de Neubourg, du centre de recherche Innocenti.

À l’échelle de l’Union européenne, 7,5 millions de jeunes sont concernés. Le taux de jeunes inoccupés a augmenté d’environ 30 % en Croatie, Chypre, Grèce, Italie et Roumanie. Seuls six pays sur les 41 pays les plus « économiquement développés » ont réussi à réduire ce taux (Turquie, Allemagne, Japon, Luxembourg, Mexique, Suède).

La Flandre résiste mieux que la Wallonie ou Bruxelles

Les effets de la « Grande Récession », comme l’appelle l’Unicef, n’étaient cependant pas inévitables, rappelle Chris de Neubourg. « La Belgique a réussi à protéger les enfants des conséquences de la crise. » Le pays se place en effet dans les bons élèves puisqu’il a réussi à réduire le taux de pauvreté des enfants au cours des dernières années de 17,2 % à 16,4 %.

Les disparités sont néanmoins importantes entre les différentes régions. Si la Flandre compte une faible proportion d’enfants sous le seuil de pauvreté (un sur dix), la Wallonie (un sur cinq) se situe après la Lituanie et la Région bruxelloise (un sur trois) prend place en queue du classement des pays analysés.

Des 41 pays les plus prospères, 23 ont vu la pauvreté de leurs enfants augmenter. La crise a fait sombrer quelque 2,6 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté. Un groupe qui représente aujourd’hui pas moins de 76,5 millions d’enfants.

« La vie des enfants est trop souvent négligée »

Cette hausse du taux de pauvreté s’explique par « une détérioration constante de la situation des familles, principalement du fait des pertes d’emplois » ou des coupes opérées dans les services publics. La récession a fait perdre des années de progrès potentiel. En Belgique, les familles ont perdu l’équivalent de six années de progression des revenus. En Grèce, les familles ont perdu 14 ans, l’Irlande, l’Espagne et le Luxembourg ont été lésés d’une décennie.

L’Unicef appelle aujourd’hui tous les échelons de pouvoir, que ce soit l’Europe, les gouvernements nationaux, régionaux, mais également les partenaires sociaux, à travailler à la protection des enfants. « Les enfants d’aujourd’hui sont les travailleurs de demain », rappelle Chris de Neubourg. « Leur vie est trop souvent négligée. Si cette tendance se confirme, les effets de la crise seront de plus en plus pénibles pour les enfants, même après la reprise économique. À terme, c’est la santé de notre société qui en jeu », conclut-il.