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EFT

03

Fév
2014

In EFT

Deux emplois de plus par entreprise pour le plein-emploi : Vrai ou Faux ?

On 03, Fév 2014 | In EFT |

Les entreprises wallonnes emploient moins de personnel qu’en Flandre. Combler l’écart permettrait de réduire le chômage par deux. Les freins à l’embauche restent importants.

Deux malheureux petits emplois en plus par
entreprise. C’est ce qu’il suffirait pour éradiquer le plus gros du chômage en
Wallonie, affirmaient en chœur ce jeudi matin le président du PS, Paul
Magnette, sur les ondes de La Première et Jean-François Heris, le président de l’Union wallonne des entreprises (UWE).
Leur raisonnement est le suivant.

En Wallonie, une entreprise emploie en moyenne 9,3 personnes contre 11,6 en Flandre. Si chaque entreprise wallonne augmente son emploi de deux unités, on crée 165.000 emplois ce qui revient à réduire le taux de chômage de moitié (à 5,5 – 6 % contre 11 % aujourd’hui). C’est un taux de plein-emploi. Il ne resterait plus en Wallonie que du chômage frictionnel, c’est-à-dire un chômage provoqué par la transition et le délai nécessaires à une personne pour trouver un autre emploi.

Deux emplois ! Il s’agit là bien sûr d’une moyenne symbolique destinée à frapper les esprits. Il y a des entreprises de 2 personnes et d’autres de 500. L’effort à fournir n’est pas tout à fait le même. D’après les chiffres de l’ONSS, on constate que c’est surtout au niveau des grandes entreprises que la Wallonie accuse un retard par rapport à la Flandre. L’emploi dans les sociétés de 200 à 500 personnes représente 13,4 % des postes de travail en Flandre contre 10,9 % pour la Wallonie. A l’inverse, les très petites entreprises (entreprises de moins de 4 personnes) génèrent relativement plus d’emplois en Wallonie qu’en Flandre (13,2 % contre 9,9 %).

Qu’à cela ne tienne, le but de ces déclarations est surtout de montrer que le plein-emploi est un objectif réalisable, à portée de main de l’économie wallonne. «  Ce que l’on veut démontrer, c’est que la taille d’une entreprise a beaucoup d’importance, insiste Didier Paquot, directeur du service économique de l’UWE.

Si les pouvoirs publics poussaient à la création d’emplois, on pourrait vite arriver à des résultats significatifs. On insiste beaucoup aujourd’hui sur la création de nouvelles entreprises mais il est beaucoup plus facile de faire croître les entreprises existantes que de partir de zéro. Maintenant que la croissance revient progressivement, c’est le moment d’inciter les entreprises à engager ».

Pour ce faire, il faut faire sauter les freins à l’embauche et créer un climat plus positif autour de l’entreprise, estiment l’UWE et l’UCM (Union des classes moyennes). Principal obstacle : le coût salarial. « Des entrepreneurs n’osent pas engager par crainte du coût et préfèrent plutôt jouer sur les heures supplémentaires ou même refuser des commandes, témoigne Didier Paquot. Il faut réduire les cotisations patronales. Des études ont montré que c’était la voie la plus efficace pour créer de l’emploi. L’Allemagne l’a fait avec succès. La France va le faire… ».

L’UWE plaide notamment pour une réduction ciblée de 20 % des coûts salariaux pour les entreprises de production soumises à la concurrence internationale ainsi que des mesures régionales en faveur des bas salaires.

Christine Lhoste, secrétaire générale de l’UCM, estime également que les freins à l’embauche restent trop nombreux. « On vient encore d’ajouter un frein supplémentaire en supprimant la période d’essai (NDLR : statut unique ouvrier/employé). Les employeurs ont peur d’engager car s’ils prennent quelqu’un qui ne convient pas, ils ne peuvent plus le licencier à prix raisonnable. J’entends aussi la ministre de l’Emploi évoquer des pénalités pour les entreprises qui licencieraient des travailleurs âgés. Comme si les entreprises licenciaient de gaieté de cœur ! Tout cela témoigne d’un climat peu favorable à l’engagement. Si on veut plus d’emplois, il faudra changer ce climat. On ne peut pas forcer les gens à engager ».

Autre frein à l’embauche dénoncé par l’UWE et l’UCM : le manque de travailleurs formés. « Même quand elles veulent engager, les entreprises ne trouvent pas toujours les travailleurs dont elles ont besoin sur le marché », dénoncent les deux fédérations patronales. « Il faut investir dans l’enseignement et réorienter les chômeurs vers des formations qui débouchent sur de l’emploi (métiers en pénurie) », plaide Christine Lhoste.

Elle estime également qu’une réforme en profondeur de la fiscalité est nécessaire afin de rétablir une équité entre les PME, principal vivier d’emplois de notre économie, et les grandes entreprises. « Aujourd’hui, les PME paient 21 % d’impôt des sociétés alors que les grandes entreprises n’en paient que 10 % grâce à de l’ingénierie fiscale »