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Bruxelles

15.000 personnes se mobilisent contre «la chasse aux chômeurs»

On 11, Mar 2014 | In Bruxelles, Emploi, Revue de presse, Wallonie |

Des actions sont menées dans tout le pays contre les mesures limitant les allocations d’insertion à trois ans.

La FGTB organise une journée d’action ce lundi dans les différentes régions du pays contre les exclusions des chômeurs prévues dans les prochains mois. En Wallonie et à Bruxelles, la FGTB est rejointe par la CSC et le syndicat libéral.

Quels exclus ?

Interrogé dans Matin Première (RTBF), Thierry Bodson a maintenu le chiffre de 50.000 exclusions début 2015 calculé par la FGTB, alors que l’ONEM lui-même ramène à 27.000 le nombre de personnes concernées. Il s’agit d’une «  vraie bombe sociale », a-t-il dit.

Le patron de l’interrégionale wallonne demande que les chômeurs qui sont soumis aux différents contrôles ne soient pas exclus.

« Les personnes qui vont être exclues sont des personnes qui ont un contrôle de la disponibilité qui est renforcée. Elles sont contrôlées plus souvent et beaucoup plus fort par l‘ONEM. Toutes ces personnes qui ont satisfait au contrôle de l’ONEM, on ne peut pas les exclure. C’est la demande minimum que nous faisons : ne pas exclure toutes les personnes qui ont satisfait aux contrôles de disponibilité. Cela concernerait 80 à 85 % de la population visée », a déclaré Thierry Bodson.

«  Nous attendons le retrait de la mesure, à tout le moins pour les personnes qui ont satisfait aux contrôles de l’ONEM », affirme Thierry Bodson.

Il souligne par ailleurs que le coût de la mesure sera supporté par les communes les plus pauvres – pour les trois quarts wallonnes – puisqu’environ une moitié des exclus du chômage pourra se replier sur les allocations d’intégration des CPAS.

L’autre moitié des personnes n’auront pas droit aux allocations du fait de leur statut de cohabitant, ajoute Thierry Bodson. Certains ménages, dont les revenus passeront d’environ 1.800 à 1.400 euros après la perte de l’allocation, se retrouveront dans la précarité, prédit-il.

Pour Philippe Van Muylder, qui commande la FGTB bruxelloise, les mesures sont plus idéologiques que budgétaires : « Nous sommes dans un changement de paradigme. On a construit l’Etat social dans notre pays pour ensuite le transformer en Etat social actif, c’est-à-dire que les chômeurs ont dû prouver leurs recherches actives d’emploi. On passe aujourd’hui à un Etat social exclusif, même ceux qui prouvent leurs démarches peuvent être exclus ! », s’est agacé le leader syndical, considérant que « dans ces conditions, on peut dire que l’expression «chasse aux chômeurs» a du sens. ».

Quelles actions ?

Quelque 15.000 personnes se sont rassemblées dans seize villes de Belgique dans le cadre des actions de la FGTB contre l’exclusion des chômeurs, a indiqué Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, devant l’ONEM de Jambes où manifestaient environ 400 personnes.

À Bruxelles, s’est déroulée une marche symbolique réunissant près d’un millier de personnes (Voir l a vidéo). À l’appel des syndicats FGTB, CSC et CGSLB en front commun syndical, de collectifs de chômeurs et de mouvements associatifs bruxellois, au moins 600 manifestants, selon le premier comptage de la police, se sont rassemblés lundi midi devant le bureau de l’ONEM, situé place Marcel Broodthaers, à Saint-Gilles. Le mot d’ordre  : «  Pas de sanction sans la proposition d’un vrai emploi ».

À Tournai, 500 personnes ont manifesté.

À Charleroi, un tiers environ des bus attendus lundi matin sur le réseau des TEC n’est pas sorti, a indiqué la porte-parole de la filiale de la SRWT. Les trams en revanche ne sont quasiment pas touchés par l’action lancée par la FGTB pour dénoncer les conséquences au 1er janvier 2015 de la réforme du chômage.

À Liège, quelques agents n’ont pas pris leur service. À Verviers, quelques bus ne circulent pas. Tout roule à la STIB et à la SNCB.

D.Ci, L.K., P.LA avec Belga